Vers la fin du sommet sur le réchauffement climatique, la réussite s'est sentie très vite : -15° samedi et dimanche matin à Schoenenbourg, de la neige dimanche 20 décembre. Je blague, bien sûr !

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Le sommet de Copenhague était "la" rencontre attendue par le monde. Des dizaines de pays, associatifs et scientifiques se retrouvaient pour définir un triple cadre à la lutte mondiale contre le réchauffement climatique : des objectifs, des engagements, et une aide financière pour les pays les plus pauvres. En Sarkofrance, Naboléon s’était saisi du sujet avec délectation, dès les premiers jours de la présidence française de l’Union Européenne en 2008. 18 mois plus tard, le sommet est un fiasco. Nicolas Sarkozy n’est pas le seul responsable de cet échec, mais la France a mal joué.

Les raisons de l’échec :

A Copenhague, si la prise de conscience des problèmes était partagée, les obstacles étaient nombreux. Barack Obama ne voulait (pouvait ?) pas engager son pays trop fermement. La Chine était prêt à quelques efforts mais, dictature oblige, il lui était hors de question de laisser qui que soit vérifier la réalité de ces efforts. L’Union Européenne s’est révélée incapable de parvenir à une position commune et forte, secouée par les initiatives nationales de certains, la France en tête. Les pays en développement attendaient des efforts financiers lourds. Le Brésil voulait comptabiliser ses désastreuses dépenses en carburant « vert » au crédit de ses efforts contre le réchauffement climatique. L’Europe du Nord ne voulait pas entendre parler de déforestation. Sur place, les pays en voie de développement accusèrent le Danemark de comploter sur leur dos avec la Chine et les Etats-Unis. Lasst but not least, toute décision à Copenhague devait passer par un consensus des Etats participants. Autrement dit, une mission impossible.

Un argument électoral :

A l’issue des élections européennes de juin dernier, Sarkozy avait joué de l’écologie comme un nouvel argument électoral pour les prochains scrutins. Les caméras de télévision suivaient Jean-Louis Borloo dans ses nombreux déplacements aux quatre coins de la planète pour convaincre les chefs d’Etat de cautionner une proposition française. Pour valoriser son argument électoral, Nicolas Sarkozy a joué les Etats contre l’Europe, les convergences bilatérales contre les positions collectives. C’est sans doute le plus frappant de cet échec. La Sarkofrance a cherché l’appui de la Chine, du Brésil, de l’Afrique, avant de solidifier - quitte à s’effacer - une position européenne commune et forte. Sarkozy valorisa Lula davantage que Barroso, Merkel ou Brown. Quelques jours avant le sommet de Copenhague, il s’affichait avec Brown. Quelques jours après la timidite recommandation européenne, il surprenait tout le monde en proposant un projet franco-africain... La France s’est agitée ... pour rien  "Il n’est pas trop tard pour agir. On a une base pour aller plus loin. On a un accord politique. Certes, c’est 28 pays, mais c’est 90% des émissions de gaz à effet de serre" a tenté d’expliquer Chantal Jouanneau, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie du gouvernement Sarkozy. L'AFP constate que Sarkozy a échoué. Le site de l’Elysée, si prompt à célébrer le moindre battement de cils du Monarque, est curieusement discret sur les résultats du sommet. Samedi 19 décembre, en soirée, aucune publication n’encombrait la page d’actualités du site présidentiel. Tout juste comprend-t-on que Nicolas Sarkozy ne travaillera que mardi et mercredi prochain. Depuis samedi, l’Elysée a chargé la diplomatie onusienne: « Ce sommet a révélé néanmoins les problèmes du processus décisionnel onusien qui a montré toutes ses limites et qui semble en bout de course. » a critiqué l’UMP. Le problème était ailleurs, dans l’incapacité des grands pays à vendre leurs positions, par ailleurs disparates.

Merci à Marianne