C'est en 1277 que fut évoqué pour la première fois le nom de la localité de SCHOENENBOURG, sous la forme latine de SCHONENBURC. Au 13ième siècle, l'abbé EDELIN fit l'inventaire de toutes les possessions de l'Abbaye de WISSEMBOURG. On signale, dans un extrait de chronique concernant un litige entre l'abbé de WISSEMBOURG et le doyen de SPIRE, au sujet d'un droit de patronage de l'église de Barbelroth, un témoin dénommé Richwino de SCHONENBURC, aux côtés de Henri de FLECKENSTEIN et de Henri de DEUX-PONTS.

l_Abb__EDELIN_vu_par_F
L'abbé EDELIN de Wissembourg, vu par Francis MATHES

Parchemin_Richwino_de_Sconenburc
Vue du parchemin (Archives de Spire)
(Cliquer pour agrandir)

Il existe très peu de documents relatifs au 14ième siècle, mais il est quand même intéressant de signaler que les archives départementales du Bas-Rhin à Strasbourg sont en possession de trois parchemins avec sigilles :

- le premier datant du 24 février 1346 est un titre de propriété qui précise que la famille de Stein et de Schoenenbourg vend 15 livres de rentes à un couvent ;

- le second datant du 13 août 1353 est une lettre d'avertissement du couvent Sainte-Madeleine aux héritiers de Schoenenbourg ;

- le troisième datant du 13 août 1354 est une reconnaissance de rente de la famille de Schoenenbourg.

Tout porterait donc à croire que le village dépendait déjà d'une seigneurie.

Au 15ième siècle, l'Abbaye de Wissembourg vendit des terres dans le ban de Schoenenbourg à la famille Holzapfel de Herxheim au service des évêques de Spire. C'est la raison pour laquelle le village resta catholique dans un environnement protestant.

Il existe de nombreuses archives relatives aux acquisitions de cette famille entre 1510 et 1660, mais ce n'est qu'au 17ième siècle que les choses se précisent. La moitié du village appartenait à un certain Jakob Holzapfel von Herxheim, tandis que l'autre moitié avait été acquise en 1651 par Jean-Adolf duc de Deux-Ponts et son frère Charles-Gustave tous deux propriétaires de la Klee-Katharinenbourg à Birlenbach. Quand ce dernier devint roi de Suède, Schoenenbourg tomba partiellement sous la tutelle de la couronne de Suède.

Les propriétés des ducs de Deux-Ponts et des Holzapfel apparaissent d'ailleurs dans le terrier (le cadastre)du village renouvelé en 1698, la délimitation des terres laissant beaucoup à désirer suite aux guerres. De plus, l'ancien terrier de 1666, dans un état lamentable, restait incomplet. Les Holzapfel étaient propriétaires d'une ferme dans laquelle se trouvaient deux maisons neuves et un grand jardin situés vraisemblablement dans la parcelle face à l'église actuelle, rue de l'église. L'ancienne demeure, selon toute vraisemblance, était derrière la maison communale de l'instituteur, dans la même rue. Les Deux-Ponts avaient à leur disposition un bâtiment légué à la commune et servant de maison communale, actuelle mairie, et non loin de là, une ferme comportant une maison d'un étage et demi. Le terrier précise aussi que les barons de Fleckenstein et de Sickingen avaient en jouissance quelques terres.

La veuve du dernier Holzapfel vendit en 1714 ses propriétés, c'est-à-dire la moitié du village, à Jean de Nemery et à sa femme Angélique Brigitte Véronique de Zoller qu'il avait épousé en 1708. De cette union naquirent trois enfants : Clara qui mourut en bas âge, Pierre et Catherine qui devinrent les héritiers. Catherine vendit sa part à son oncle Frédéric Daniel von Zoller. De ce fait, Pierre ne détenait plus que le quart du village. Daniel von Zoller rétrocéda sa part à Jean Frédéric von Marx, bailli de Bergzabern qui avait déjà acquis la part des Deux-Ponts en 1750.

Le 7 novembre 1774, les héritiers von Marx proposèrent leurs biens à Antoine Le Bel, nouveau propriétaires des mines de pétrole de Pechelbronn. Peu habitué aux usages locaux, ce dernier, sans consulter Pierre de Némery, entreprit de destituer le prévôt Jean Haller en service depuis 20 ans, au profit de Georges Kuhn, action qui se solda par un procès que Le Bel perdit sans frais cependant. Pierre de Némery qui mourut le 19 février 1779 ne connut jamais le verdict. En 1778, Le Bel rendit l'âme. La Révolution vendit ses biens en lots comme bien national.

Les propriétés de la famille de Némery furent partagées entre les héritiers Uhrich en parenté avec la femme de Pierre de Némery qui les vendirent aux sieurs Xavier Nebel et Georg Neureuther de Haguenau.

Les guerres successives du 19ième et du 20ième siècle réservèrent aux Schoenenbourgeois le destin tragique que connurent tous les Alsaciens.